samedi 10 mars 2012

Le temps qui passe...

Que c'est nébuleux pour mon Antho... le concept du temps qui passe...

PHOTO DE MANON ALLARD PHOTOGRAPHE PROFESSIONNELLE

Nouveau développement dans le dossier pipi d'Antho :) C'est la dernière fois que je vous en parle... Promis :)

Mon conjoint, papa attentif et impliqué a souvent plus de difficultés à saisir et répondre aux besoins d'Anthonin.
Ces deux là sont proches et Anthonin a souvent besoin que son papa l'accompagne dans ses 1001 besoins... malgré les probabilités que ceux si soient difficilement identifiables :)

Mais son papa est là, et il veille au grain. Même lorsqu'Anthonin hésite, qu'il dit oui... puis non... puis oui... Même lorsqu'il est fatigué et qu'alors s'ensuit une interminable lutte contre la fatigue... et contre tout ce que son papa décide...

Souvent mon amoureux cherche, doute, se remet en question... Malgré sa présence et sa disponibilité, il se sent court-circuité par les difficultés de notre fils qui font de leur relation une espèce de course à relais...
Et quiconque à déjà courru sait qu'on doit être en forme pour affronter l'épreuve.

Quoi qu'il en soit... et bien que mon conjoint vous dirais peut être le contraire, c'est un papa fantastique!

Son dernier éclair de génie! La MINUTERIE lors des virées toilette!

Nous le savions, Anthonin a besoin de repères dans le temps...

C'est un fait, c'est écrit mur à mur... les personnes TED ont de la difficulté avec le temps qui passe.

Mais voyez-vous, aucun de mes enfants n'avaient eu besoin de minuterie lorsqu'il allait à la toilette, ou pour manger, ou pour jouer, ou pour s'habiller... (rajoutez ici ce que vous voulez, Antho a probablement besoin de ça aussi!)

Mon conjoint, horripilé par les 1001 demandes pipis de mon fils qui aboutissaient indéniablement en un "NON, pas pipi!"  a eu la brillante idée de lui mettre une minuterie de 2 minutes aux toilettes et de le laisser seul avec lui-même pendant ce temps.

RÉVÉLATION!!!

Aussi incroyable que ça puisse paraître Anthonin attend le temps qui passe.

Parfois le pipi vient, mais parfois non...
Mais toujours il attend, concentré sur ce temps qui passe... Il sait que la minuterie est fiable, le concept concret... Le temps va passer et la sonnerie arrivera, 2 minutes plus tard...

Il sait aussi que cet inconfort prendra fin, que la sonnerie retentira... toujours...

Ça me souffle tout de même de penser que je ne peux pas moi-même lui apporter ce réconfort.

Je peux négocier avec mon fils de 2 ans, lui dire: "Attends Noé, ce ne sera pas long, maman arrive ou encore "oui, mon amour, tu as faim... prends toi des carottes le souper est presque près!"

Avec Anthonin... c'est inutile...

Inutile de penser qu'avec des mots, du marchandage ou de l'encouragement on puisse modifier son inconfort...

Anthonin est dans le moment présent... et bien que ce concept me sonne cliché, il n'existe rien de plus vrai...

Tout ce qui touche au temporel ne fait pas partit de son univers ce qui fait qu'on arrive souvent bien trop  tard... ou trop tôt pour lui.

Ça amène souvent un sentiment d'urgence qui nous oblige tous à répondre dans l'immédiat à ses besoins et inconforts...
Ce qui nous pousse à nous adapter à cette réalité de structurer le temps qui passe... parceque de vivre dans un espace intemporel semble être bien inconfortable pour Anthonin...

Alors on jongle avec des minuteries, des pictos et une structure.. même si nous préfèrerions nous sentir en vacances...

Je peux dire qu'Anthonin n'apprécie pas les vacances comme nous l'entendons.
Pour lui, de vivre sans tâches structurées ou d'horaires concrets... c'est plutôt inconfortables, à vrai dire.

L'exemple le plus près de sa réalité en ce moment est d'aller sur la toilette sans avoir un référent de temps concret sur le temps qu'il y passera est le plus parlant.
Le simple fait d'avoir à s'assoir un temps plus ou moins précis dans un endroit où le temps qui passe est inconnu le plonge dans un état inconfortable...

Et ça m'amène à penser... à tous ces moments inpromptus de loisirs, fortuits... où on savoure la nouveauté... ces moments là sont pour lui des moments difficiles où notre présence est nécessaire et indispensable pour se créer une zone de confort.

Anthonin se fait des repères avec ce qu'il peut. Il se crée des routines impossibles avec n'importes quels évènements.

Nous recevions des amis ce soir.
Tout à coup, Anthonin voulait enlever son pantalon. Un peu gênée par ce comportement, j'ai tenté à plusieurs reprises de le lui remettre (par chance, nous étions dans notre salon).
Insistant, Anthonin redescendait son pantalon à répétition et disait "NUNU!"
Tout nu!

Drôle, direz-vous... bof... de vous répondre...

Dans ces moments là, je vous jure qu'on hésite! On hésite en se disant "ok, mon fils est TED" et "Voyons donc, on ne se met pas tout nu devant la visite"..
Et là, on choisit, selon le degré d'énergie du moment... entre la crise de nerfs du "mon gars, ça va faire, remets tes pantalons" ou entre l'explication ( pas plus facile) du "mon fils est TED et bizarrement, il a choisi ce soir pour se dénuder!"

Puis, lorsque l'énergie du moment nous le permet aussi, on cherche... Parcequ'il y a souvent une raison derrière ces agissements obscures qui sont les leurs...

Ce soir, j'ai trouvé...
La semaine passée, lorsque ma soeur est venue nous visiter, en fin de soirée, les enfants ont joué tout nu avant le bain!!!

Le temps qui passe pour Anthonin, il est fait de ça...

De moments qu'il calque sur d'autres parceque ça fait du sens pour LUI!!!
D'instants n'ayant aucun rapport entre eux qui se raboutent dans sa tête à LUI.
Le loisir reste le nôtre de décoder ces moments et de les relier entre eux.

Comme toutes ces routines de fin de journées si importantes pour lui où il va chercher son banc à roulettes, même s'il n'en a pas vraiment envie...
Ou tous ces samedis matins où il passe la balayeuse...
De toutes ces fois où il veut papa, ou maman, dans certains contextes.

Anthonin construit sa vie avec ses repères... parceque sans eux, je sens que rien n'a vraiment de sens...

Et croyez moi, ce qu'il choisit comme références n'en a souvent pas du tout pour nous...

Par chance, il existe les minuteries :)

lundi 5 mars 2012

RELÂCHE!

C'est la relâche!

Ça fait déjà quelques semaines que ma fille en parlait, on peut maintenant dire qu'elle est arrivée!!!

J'aime ma fille d'amour!
C'est une enfant vive, gaie, attentionnée, toujours prête à aider (on lui en a beaucoup demandé, il faut dire!)

Quand la vie nous permet de s'arrêter, on la voit s'ouvrir comme une fleur, elle se dépose et tout le monde peut sentir comme elle aime être à la maison, à son rythme.

C'est avec bonheur qu'on se dépose avec elle dans des petits moments qu'on savoure ensemble. Pleins de petits instants qu'on veut figer dans le temps et garder pour la vie dans notre boîte à souvenirs.

Je sais que ma fille apprécie ces moments autant que moi et que c'est eux qui nous aide à garder l'équilibre dans un quotidien parfois chaotique et effréné.

Voici ma fille en mode vacances, voyez par vous-mêmes comme la relâche lui va bien!


En plein feutrage de sa couronne pour le carnaval!

Quand ma fille avait 2 ans, j'ai découvert la pédagogie Waldorf. Cette pédagogie alternative axée vers les arts m'a fait découvrir combien travailler de ses mains fait souvent taire les plus grandes angoisses...
Ça m'a permis de me plonger dans des petits et grands projets qui m'ont gardé occupée. Quand je regarde ma fille et que je la vois créer, ça m'apaise de penser qu'elle aussi aura un espace qu'elle pourra remplir de créations dans certains moments où la vie est plus sombre...
Je ne me souviens plus qui disait: "N'utilisez pas les ciseaux quand, en cousant, vous emmêlez votre fil dans un noeud."
Qui a déjà cousu sait combien c'est tentant de couper le fil au lieu de défaire le noeud. C'est petit un noeud, on peine pour le défaire, mais ça pratique la patience... Et c'est tellement symbolique, défaire ses noeuds...


On a pris le temps de remettre la table de saisons à notre goût!


"Je peux tu prendre le lapin?"
De demander mon fils plusieurs matins par semaine à ma fille. Ça nous irrite toujours un peu parceque, si vous êtes comme nous le matin, il y a toujours plus de choses à faire que de minutes mises à notre disposition pour les faire, n'est-ce pas?
C'est bon de les voir se lever et profiter du matin tranquillement! De prendre le lapin, de rester en pyjama longtemps, de se rouler dans une doudou...

La fête!
- 2 chaises, une corde à danser, des pots de plastiques...
Ne me demandez pas où elle a pris cette idée, mais ce qu'ils ont eu du plaisir à la petite fête qu'elle a organisé pour ses frères!



C'est pleins de petits moments qui nous sortent de notre quotidien, la relâche.

Est-ce que je vous aie dit à quel point je l'aime ma grande fille!!!

Et de notre côté, on a fait danser les pinceaux! Il y a de la nouvelle couleur partout chez nous! Ça fait du bien un peu de changement!

Du vert dans la salle de jeux...

Un bleu tout doux dans notre chambre...

Un jaune maïs dans la chambre de mon endormi...

Merci à mes soeurs et ma maman pour le beau cadeau de fête! Tout pleins de bras pour égayer les murs de ma maison...
qui respire maintenant le bonheur pleins de nouvelles couleurs! 

Il reste encore quelques jours à notre relâche... Et j'ai une fille qui déborde d'idées.
Ce qu'on est choyés!

jeudi 1 mars 2012

Suivi pipi!


Magnifique photo de Manon Allard, photographe professionnelle.

Anthonin va bien!


J'avais peur!


Tellement peur pour lui...  pour nous... pour l'implication que ça nous demanderais...


Mais plus peur pour lui, que ça lui demande beaucoup...


Finalement...


Ça lui demande beaucoup... comme toutes les étapes qu'il traverse.


Nous constatons après plusieurs jours de vécu que l'inconfort est difficile à gérer.


Je lisais aujoud'hui, via la communication du CRDI:


ICI:


http://www.crditedmcq.qc.ca/adnbase/js/wysiwyg/plugins/ExtendedFileManager/uploads/crdited/Le_Recherch___18__2012_03_01_.pdf


"Également, je suis toujours sidérée de voir combien
le regard porté sur les parents qui ont un enfant avec un TED
ou une DI persiste à être déficitaire et pathologisant ».


Je nous suis reconnus...


Pas dans le sens que nous ne sommes pas adéquat... Mais bien dans le sens que rien que l'on rencontre est normalisant.


Nous sommes des parents attentifs, impliqués, nous mettons le développement global, affectif et social est au coeur de nos actions...


Et pourtant....


Anthonin, dans toutes les étapes de développement qu'il franchit, se traversent de façon marginales...


Peu importe si nous prenons le temps de prévoir ces étapes, peut importe du nombres de minutes que nous libérons à l'horaire pour prévoir en équipe ces étapes... peut importe...


Anthonin a son propre schème de références...et ce, peut importe l'effort déployé pour l'accompagner. Il est dans son propre chemin... Et nous marchons avec lui...


Je souffre, et le mot est fort... mais quand même pas tellement... quand j'entends que la famille ne collabore pas... que la famille n'est pas impliquée... que la famille n'embarque pas...


JE VIS... toutes les étapes, en accompagnant Anthonin, dans cette mise à la propreté...


Je le vois, et je veux vous le partager, pour qu'ensemble nous ayons la même lecture:


- Anthonin ressent l'inconfort dans son corps de sentir le sentiment d'envie d'aller au toilette ( et surtout le caca) sans ressentir l'action qui lui permettrait de rétablir un état confortable.


Dans des mots plus simples. Anthonin ressent un fort sentiment d'incomfort via la propreté. Il sent qu'il ne doit pas se laisser aller dans ses sous-vêtements.... Mais tout de même de rester sur la toilette pour un long moment est difficile pour lui.


Anthonin dit souvent: PIPI! parcequ'il a envie... mais a de la difficulté à ressentir le plaisir de se laisser aller. Il ressent fortement cette envie mais c'est difficile pour lui de se dire que tous les éléments favorables sont réunis pour s'abandonner au laisser aller


Pour ma part, je ressent un incomfort, comme maman, de  toujours coller un renforçateur PUISSANT à l'action d'aller faire pipi.


Pourtant, je ressens qu'Anthonin a besoin de ce renforçateur pour faire du sens dans tout ce nébuleux concept qu'est la propreté.


Nous réalisons que de faire pipi nécessite un renfo puissant comme:


- jouer à la cachette ( nous avons joué 15 fois par jour)
- manger des pattes d'ours (il en en mangé à avoir mal au coeur)
- Reforcer  verbalement et massivement, cajoler, individualiser nos bravos, etc...


Pourtant, depuis quelques jours, nous sentons que ces renforçateurs perdent de leur puissance...


Tout l'effort, toute l'intensité que nous mettons, toute l'intervention massive produit l'effet d'un résultat acceptable... mais mitigé...


Réalistement....


J'aurais aimé qu'Antho s'approprie la mise à la propreté
( vous pourrez me dire que j'exgère dans les circonstances, que je devrais être patiente...)


Anthonin va bien!


MAIS......................................................................................


Je ne vous compterez pas d'histoires....


Ça lui prend un renforçateur puissant pour qu'il accepte de s'abandonner et se détendre sur la toilette.


Ça prend une exemplaire et indestructible sérénité


" Antho, ouiiiiiiiiiii maman va jouer à la cachette! Fais un pipi avant!"


Ou (après la 20ième fois) 


"NON' PAS PIPI"


"Anthonin, tu sais ton pipi, il est là, on va revenir tantôt...et on jouera à la cachette!"


Vous savez, c'est compliqué.. c'est pas pareil... et ça demande une telle souplesse et une telle implication....


Donc, Antho va bien...


Il fait la plupart de ses pipis dans la toilette... On est fiers de lui!


Mais ça nous demande une disponibilité... un regard... une attention toute particulière en mode Antho...


J'entendais une maman, qui disait qu'elle avait abandonnée la mise à la propreté de son fils parceque ça lui avait valu 2 hospitalisations.


Voyez-vous, son fils autiste n'avait pas saisi toute la partie de se laisser aller... donc il s'était retenu... jusqu'au cathéther, après 40h de "je me retiens".


Je me suis couchée, ce soir là, après que mon conjoint m'ait dit:


"Antho n'a pas fait pipi depuis 15h...........
Et j'ai eu peur...


Peur qu'on fasse déroute... qu'il ne soit pas prêt... malgré tous les efforts...
Peur qu'il ne saisisse pas bien cette nouvelle réalité...
Peur un peu aussi, je dois l'avouer, qu'on soit inadéquat comme parent, dans cette nouvelle étape pour Antho... pourtant, nous nous y étions si bien préparés....
Douté quelques minutes de mon conjoint, bien que j'ai une indesctructible confiance en lui, qu'il n'ait pas bien lu les besoins d'Anthonin pendant mon absence...  C'est une réalité si fragile.


C'est ça, la réalité Antho...On ne se prépare jamais bien à ce qui est devant nous...
On traverse le chemin avec les outils et la confiance disponible...


Et toujours on se dit qu'on fait du mieux qu'on peut....
Dans les circonstances...
Ensemble...

dimanche 26 février 2012

Dans son labyrinthe

Voici un film d'Anthonin à l'âge de 12 mois.


À cette époque, nous débutions un suivi en neuro, au CHUS.

Nous étions revenus dévastés d'une première rencontre où on nous avait annoncé que notre fils aurait un diagnostique et que toute une batterie d'examens suivraient pour tenter de percer le grand mystère.

Nous savions qu'Anthonin ne se développait pas tout à fait comme il aurait du. Nous étions suivi en ergo pour des troubles alimentaires et, à 12 mois il ne faisait que commencer à s'asseoir sans tomber.

Nous pressentions que ses difficultés étaient grandes sans toutefois comprendre la nature de celles-ci.

Par contre, quand je regarde certains vidéos, je réalise que nous le regardions parfois bien perplexes de voir dans quels jeux il s'engageait spontanément.

Anthonin, plus jeune n'a jamais vraiment joué.
Il s'amusait à regarder de loin le monde qui se déroulait devant lui.
Entouré de jouets pour enfants, il préférait tourner et retourner un bol de stainless, regardant la surface brillante qui laissait miroiter la lumière et son reflet.

Il a longtemps aimé les oreillers, les tournant et retournant sur eux-même comme dans l'extrait.

J'ai aussi des photos d'une après-midi où il avait ri aux éclats à jouer dans du papier journal en le chiffonant.

Nous ne savions pas... mais dans le fond, je crois bien que nous savions...
Je tremblais à l'idée... mais je savais...

Je le regardait encore cette semaine à l'Envol dans l'aire de jeux où il s'est amusé plusieurs minutes avec un comptoir qui se rabattait. Il le montait et le laissait tomber. Il le faisait et le refaisait.

Cette répétition est tellement présente dans la vie de mon fils. Ce grand besoin de faire les choses encore et encore, en boucle. Passer un aspirateur, mettre des choses dans un bol, brasser les choses dans un chaudron. Pleins d'activités répétitives qui font le bonheur de mon fils.

Quand je le regarde j'ai l'image d'un labyrinthe. Antho y parcourt les chemins, mais souvent, il s'engage dans des passages qui ne le mène nulle part.

On dit souvent que les répétitions sécurisent les personnes TED. Quand je regarde mon fils, je ne le sens pas insécure, je perçois surtout sa déroute.
Parceque mon fils ne sait pas qu'il ne sait pas... Comme le dirait si bien Brigitte Harrisson, personne TED de haut niveau qui nous permet de mettre un peu de lumière sur la réalité des personnes vivant avec un TSA.

Cette ignorance peut être perçue de bien des façons quand on regarde quelqu'un comme mon fils. On peut dire de lui qu'il n'est pas dégourdit, qu'il a une DI ou qu'il est passif...

Récemment, nous étions à l'épicerie et nous étions dans l'allée des biscuits. Mon fils est un fan fini de tout ce qui contient du gluten. Nous marchions donc dans l'allée, mon fils poussant le panier d'épicerie à mes côtés.
Un peu surprise de voir qu'Anthonin ne réagissait pas devant les Patte d'Ours, je ralentissais le pas, en espérant qu'il me fasse une demande, qu'il manifeste son désir.
Presqu'arrêtée, j'espèrais toujours un signe... pour que finalement rien ne vienne...
Arrêtés maintenant, Anthonin fixe la boîte en question.

Moi: "Antho, veux-tu des Pattes d'Ours?"
Lui: "hochement de tête et sourire à 1000$"
Moi:"Vas t'en chercher!!!!"

Pour moi, c'est ça le TED.

Passer à côté de ce qui te rendrait le plus heureux au monde... mais être pris dans un labyrinthe qui sabote l'univers de tes opportunités...
Anthonin souvent ne sait pas.... que les chances et les choses sont là pour être saisies, demandées, explorées, tentées. Lorsque le schème, le chemin ou la possibilité n'est pas explorée au moins une fois, le parcours est inexistant...
Le GPS n'affiche pas cette possibilité.

Maintenant, la prochaine fois que nous passerons devant les Patte d'Ours, j'aurai probablement droit à une demande :) Par contre, la prochaine allée de jus elle, et ce même s'il a très soif, ne comptera pas dans l'avenue des choix disponibles...

Voilà pourquoi l'exploration de son univers est laborieux, il se dévoile à petits pas! Parfois à tâtons, souvent avec l'aide d'un traducteur :)

Il tente, tant bien que mal, de donner du sens aux évènements qui se présentent devant lui parcequ'il évolue dans un monde qui ne lui offre pas de repères concrets au quotidien.

On essait bien de se faire nous-même un sens, de rattacher à notre réalité de neuro-typique les agissements de nos enfants TED mais j'ai souvent l'impression qu'on est dans le champ.

J'essaie de regarder mon fils avec des yeux vierges. Plus j'évolue à ses côtés, plus j'en apprends et je réalise que nous sommes de cultures différentes.

Parcequ'il n'est pas dans sa bulle, coupé de la réalité, comme on l'a souvent entendu... Il est parmi nous, entier et unique mais il a ses propres référents du monde... Et il tente de vivre en totale immersion, en choc culturel constant.

Heureusement pour lui, il a toute une équipe pour l'aider à faciliter le choc, à tenter de donner du sens à ce qu'il rencontre. Nous sommes bénis, Anthonin est entouré de gens qui l'observe, l'aime et qui ont comme priorité son bien être et son développement.

Alors Anthonin s'engage de plus en plus spontanément dans des activités qui lui permettent d'apprendre pleins de concepts qui le mènent quelque part. Et il évolue constamment et partout...

Même à l'épicerie :)






lundi 20 février 2012

Jour P... pour pipi!

C'est aujourd'hui la première journée d'une vie sans couches pour Anthonin!!!
J'ai eu de la difficulté à trouver le sommeil hier et l'idée qu'aujourd'hui était le grand jour m'habitait depuis quelque temps déjà.

On a pris le temps de lui expliquer:


- qu'il avait une vessie et que c'est de là qu'il sentirait son envie.



- Que dorénavant, il allait mettre des bobettes et qu'il serait en bobettes partout!!! À l'école, à la garderie, dans l'auto, à la maison et à l'Envol.
Qu'à l'avenir, les couches étaient pour dormir...

Et on l'a fait boire... toute une variété de liquide pour qu'il la sente, cette fameuse envie! Et qu'il puisse la reconnaître pour se l'approprier.

Puis on l'a récompensé... pour toutes les gouttes qui sont tombées dans la toilette! À grand coup de bravo et surtout... de Pattes d'ours!
(Je crois sérieusement qu'Anthonin vendrait son âme pour des pattes d'ours!)

Alors, pour sa première journée..... Roulement de tambour.... On enregistre...

- 15 pipis et 1 caca dans la toilette!
contre 3 petits accidents!

J'ai vu une fierté dans le regard de mon fils aujourd'hui comme j'en aie rarement vu!
C'est une grande et importante étape pour lui qui le mène vers une belle autonomie.

Le chemin sera peut être plus long et tortueux mais nous y arriverons...
C'est les yeux de mon fils qui me l'ont dit...

Rappellez-le moi la prochaine fois que je douterai de ses capacités!




samedi 18 février 2012

Quand le chat est partit...

Les souris dansent!!!


C'est lorsque le chat est partit qu'on est à même de mesurer l'espace qu'il occupe réellement dans chacune de nos vies.
Lorsqu'Anthonin n'y est pas, toute la maisonnée s'en trouve transformée.
Parcequ'un Anthonin dans une maison, ça crée tout un remous, croyez-moi!

C'est par ces petites fenêtres qu'on perçoit qu'est-ce qu'aurait été notre famille sans Anthonin. En fait, pas vraiment, parcequ'on ne serait pas ce que nous sommes devenus sans lui...
Nous aurions d'autres valeurs, d'autres profils et surtout, on ne serait pas conscients de notre chance puisqu'on serait dans nos bottines jour après jour, comme chacun d'entre nous!


Parfois, dans mes moments  où le soleil brille moins fort, je ne peux m'empêcher d'être nostalgique du temps où ma fille était toute petite...
Quand je revisite ces moments, c'est souvent moi que je regarde sur les photos. J'y vois une maman disponible, reposée, souriante, insouciante... J'y vois des albums de voyage, des innus,  une école....

Puis, quand le chat est partit, c'est ma Romane qui danse... Elle se dépose dans un moment tranquille. J'aime tellement la regarder, calme... affairée sans se faire déranger... détendue dans le moment sans avoir à partager, concilier, décoder, ajuster, reformuler, plier...

Parceque c'est tout ça qu'on lui demande à ma grande Romane... Antho oblige! Et on la trouve bien grande notre petite souris.
Je me souviens l'arrivée d'Antho, l'intensité... l'angoisse.... les rendez-vous... ses grands besoins.
Elle a fait toute qu'une place à ce petit être qui est arrivé comme Hiroshima dans sa vie...
Et tranquillement, le temps passe et le beau temps revient... On vit de plus en plus de jours ensoleillés consécutifs!
Puis Noé, qui regarde sa grande soeur qui peut lui faire de la place quand Anthonin n'est pas là.
Noé, qui est arrivé dans cette frénésie et qui a glissé dans cette vie comme on enfile un chandail.
Doux, conciliant, calme, stoïque... On le voit même dans l'intensité de son regard, Noé est né pour naviguer dans des eaux pas toujours tranquilles... Mais tel le canard calme en surface, je perçois le mouvement dessous et je suis sensible à son besoin de calme...
Alors je le vois danser lui aussi, quand le chat est partit. Et ça me fait plaisir.
 
Parceque danser avec Anthonin, ça demande une telle souplesse. On doit s'adapter à ses pas à lui parcequ'il suit difficilement les nôtres. On doit aussi être fins musiciens parceque lui, le tempo, il le perçoit différement. Alors on danse comme on peut... Avec l'énergie et la disponibilité du moment.

Alors quand le chat est partit... les souris dansent, créent et soufflent... Parceque tout le monde sait que c'est temporaire et qu'on doit en profiter.

Jusqu'à ce qu'on entende, et ça vient assez rapidement habituellement:

"Il est où Anthonin?"

Parceque notre nid, il est complètement incomplet sans nos 3 souris. 

mercredi 15 février 2012

Les amis!



Les MAGNIFQUES photos de ce post sont de Manon Allard, photographe

Il m'arrive parfois de me demander si Anthonin aura de bons amis et à quoi ressemblera son réseau social.
Car, malgré son grand désir d'entrer en contact avec les autres, il n'a pas l'aisance sociale d'un enfant de 4 ans.

Ça se traduit par:

- Des jeux répétitifs en ce sens qu'il n'a pas un aussi grand répertoire de jeux et souhaite souvent jouer à la même chose. Vous comprendrez à quel point il ADORE son ami Simon de la garderie mais probablement que celui-ci doit être un peu saturé de jouer à "pousser les mains".

- Il ne saisit pas facilement les règles des jeux. Vous devriez le voir se cacher derrière ses mains en pensant que personne ne l'aperçoit quand on joue à la cachette :) De toute manière, pour lui la cachette se résume à compter et à tripper lorsqu'il découvre une personne cachée. Il ne retire pas vraiment de plaisir à se cacher lui-même.

- Une passivité, mon Anthonin participe souvent avec ses yeux. Il regarde intensément tout ce qui se passe mais tarde parfois à s'engager lui-même dans l'action. La photo du début illustre bien cette réalité. Il tend parfois, surtout dans les situations nouvelles,  à demeurer en mode spectateur, un peu comme derrière une clôture imaginaire.

- Il peut avoir encore des peurs pour certaines choses et reste en mode défense, je crois que c'est probablement parcequ'il ne comprend pas assez bien l'environnement dans lequel il évolue.

- Il joue à des jeux bizarres. Il souhaite parfois écraser sa soeur sans qu'elle ne bouge et ses jeux préférés sont des jeux de poursuite sans fin ni but. Un peu spécial comme jeux pour un autre enfant qui trippe sur les Playmobil et les jeux de rôles.

- Il n'a pas les mots pour entrer en contact avec les autres. Pensez à la barrière de la langue quand vous voyagez, la familiarité et la proximité sont plus ardues quand on ne comprend pas l'autre personne. On peut même la juger à tord, ou même être méfiant à cause de cette barrière langagière.

- Il aime et se réfère beaucoup à l'adulte car il est est beaucoup moins menaçant et imprévisible! Aussi, il vit davantage de réussites parceque l'adulte est plus patient pour tenter de le déchiffrer.

- Ses jeux préférés sont un banc à roulettes, une balayeuse et des chaudrons... Tout pour être le plus populaire de la classe, n'est-ce pas :)

Et j'en passe.

L'univers du jeux est un univers qui comporte tellement de règles et qui demande de saisir si bien le langage social que ça devient un véritable labyrinthe pour bien des enfants et je ne parle pas nécessairement que des enfants TSA.
J'ai connu bien d'autres enfants typique qui en arrachaient à l'heure des récréations.

C'est surement pour cette raison qu'un enseignant de New York a créer un service gratuit pour mettre en contact des parents afin que leurs enfants jouent entre eux!

Pour donner un petit coup de pouces à tous ces enfants qui ont de la difficulté à spontanément créer des liens entre 2 balançoires au parc, comme le font tous les autres enfants qui y jouent!

Allez voir, c'est inspirant!

https://specialplaydate.com/

Anthonin est chanceux parceque malgré ses difficultés, il s'intéresse encore et toujours à l'autre et c'est la plus grande des fêtes lorsqu'un pair ou sa soeur lui tend un perche pour l'intégrer à son jeu.

Avec le temps et de l'accompagnement, j'espère qu'il saura se frayer un chemin vers l'amitié. Car, une des belles richesses de la vie, c'est assurément les amis!

En attendant, il a un plaisir fou avec son frère, sa soeur et ses amis de la garderie.

J'espère que l'école sera une expérience sociale positive pour lui ainsi que pour tous mes enfants!
Sinon, et bien reste toujours à redéfinir l'amitié... en mode Antho :)